Les flammes ont dévasté le nord-est de l’Algérie. Dans la wilaya de Jijel, la tragédie incendiaire a fait au moins 12 victimes et plongé la région dans le choc. Les habitants assistent, impuissants, à la destruction de leurs forêts et de leurs maisons.
Ce mercredi 26 août, le feu a ravagé plusieurs secteurs en quelques heures. La région de Jijel, déjà éprouvée par les feux de forêt ces dernières années, vit un nouveau drame. Les équipes de secours tentent de contenir les flammes, mais la tâche est immense.
Jijel en état de choc après le passage des flammes
À Agbala, des images amateurs montrent les flammes encercler une maison. Les pompiers luttent contre le sinistre alors que la fumée envahit tout le paysage. La Protection civile a diffusé des vidéos de ses équipes en plein travail, sous le regard impuissant des résidents.
La wilaya de Jijel est l’une des plus touchées. Les villages d’Acherar, Anchid, El Ouadia et Taghrast ont subi d’importants dégâts matériels. Les habitants de Bordj Tahar, un des secteurs les plus sinistrés, ont commencé à regagner leurs maisons après le passage des flammes.
Sur place, les dégâts sont considérables. Des équipes techniques s’activent pour rétablir l’électricité. Environ 400 animaux ont péri dans les exploitations agricoles, un désastre pour les familles qui vivent de l’élevage et de la culture.
- 12morts au totalbilan provisoire du ministère
- 54blessés hospitalisés6 dans un état grave
- 193départs de feu en 24h46 encore actifs jeudi
- 3jours de deuil nationaldécret présidentiel
Les villages les plus touchés à Jijel
- 🔥 Bordj Tahar : le plus durement frappé
- 🏚️ Acherar : maisons endommagées
- 🚨 Anchid : dégâts importants
- ⛰️ El Ouadia : forêts réduites en cendres
- 😢 Taghrast : habitants évacués
Un bilan humain très lourd : 12 morts et 54 blessés
Le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a donné un bilan provisoire dans la soirée de mercredi. Les chiffres sont terribles : 12 personnes ont perdu la vie, et 54 autres ont été hospitalisées pour des brûlures, dont six dans un état grave. La wilaya de Jijel déplore le plus grand nombre de victimes.
| Wilaya | Morts | Blessés hospitalisés | Blessés graves |
|---|---|---|---|
| Jijel | 5 | 24 | 3 |
| Béjaïa | 4 | 18 | 2 |
| Tizi Ouzou | 3 | 12 | 1 |
| Total | 12 | 54 | 6 |
À la mi-journée de jeudi, la Protection civile recensait encore 46 incendies actifs, après avoir enregistré 193 départs de feu en l’espace de 24 heures. Les secours sont dépassés par l’ampleur du sinistre, mais ils continuent à se battre.
Urgence absolue : les pompiers en première ligne
Les pompiers de la Protection civile travaillent sans relâche. Venus de plusieurs wilayas, ils sont appuyés par des hélicoptères de lutte contre le feu. Mais les conditions météorologiques compliquent leur mission, avec un vent violent et une chaleur extrême qui attise les flammes.
La sécurité des habitants reste la priorité absolue. Des dizaines de familles ont dû être évacuées à la hâte. D’autres ont été prises en charge dans des centres d’hébergement. La question de la sécurité des biens et des personnes est cruciale alors que les incendies gagnent du terrain.
Dans certaines zones, les habitants ont formé des chaînes humaines pour transporter de l’eau et tenter de protéger leurs propriétés. Une solidarité spontanée est née face au désastre. Mais sans l’intervention rapide des moyens aériens, la situation pourrait empirer.
Deuil national et mobilisation générale
Le président Abdelmadjid Tebboune a décrété trois jours de deuil national. Il a également ordonné l’annulation de tous les événements culturels et sportifs jusqu’à la fin de la période de deuil. Une décision saluée par la population, qui attend des actes concrets pour éviter de nouvelles catastrophes.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, s’est rendu à Jijel le 27 août pour constater les dégâts et coordonner les opérations de secours. Sur place, il a rencontré les équipes de la Protection civile et les familles des victimes. Il a promis une indemnisation rapide pour les sinistrés.
Un élan de solidarité avec les victimes
- 🤝 Collectes de fonds et de dons organisées par la société civile
- 🏥 Ouverture de centres d’accueil pour les familles évacuées
- 🚑 Mobilisation des équipes médicales urgentistes
- 💧 Distribution de nourriture et d’eau potable dans les zones touchées
- 🧑🚒 Renforts de pompiers envoyés depuis d’autres wilayas
La reconstruction prendra des mois pour les villages sinistrés. L’urgence immédiate est de retrouver les victimes et de sécuriser les zones encore menacées. la solidarité nationale est à la hauteur du drame, mais la colère monte face au manque de moyens pour lutter contre ces feux récurrents.
Pour les habitants de Jijel, ce drame rappelle les incendies meurtriers de l’été 2021, qui avaient fait plus de 90 morts en Kabylie. La question de la prévention est plus que jamais sur la table. Mais cette tragédie restera longtemps gravée dans les mémoires.
Les vraies questions sur l'incendie de Jijel
Est-ce que les incendies sont encore actifs à Jijel ?
Jeudi matin, la Protection civile recensait encore 46 feux actifs. Le vent et la chaleur rendent le travail des pompiers très compliqué.
Faut-il éviter de se rendre dans la région de Jijel en ce moment ?
Les autorités n'ont pas annoncé de fermeture officielle, mais des villages ont été évacués. Mieux vaut suivre les consignes locales et éviter les zones sinistrées.
Comment aider les sinistrés depuis la France ou ailleurs ?
Des collectes sont organisées par la société civile et des associations algériennes. Le plus prudent est de passer par des organismes reconnus ou d'attendre les appels aux dons officiels.
Pourquoi y a-t-il autant de feux chaque été en Algérie ?
La sécheresse, la chaleur extrême et les vents forts créent des conditions idéales pour que les flammes se propagent vite. Le débat revient chaque année sur le rôle des activités humaines.
Une objection à formuler ? On l'attend
Laisser un commentaire
Journaliste d’investigation algérien, né le 4 avril 1984 à Alger. Ancien reporter pour Le Midi Libre, Le Temps d’Algérie et El Watan, il fonde Algérie Part en 2019 après avoir dirigé la rédaction du site Algérie-Focus. Installé en France depuis 2018, il continue de couvrir l’actualité algérienne avec un journalisme d’analyse enraciné dans le terrain, défendant une presse libre et exigeante face aux pouvoirs. Sa signature s’affirme dans les enquêtes de fond, l’analyse politique et la mise en lumière des sujets sensibles du Maghreb.