À Nice, l’écrivain Boualem S. déclare : « Je ne cherchais pas la grâce, mais un procès équitable »

à nice, l’écrivain boualem s. évoque sa quête d’un procès équitable plutôt que la recherche de la grâce, dans un témoignage poignante.

L’écrivain franco-algérien Boualem S. est remonté sur la scène du Centre universitaire méditerranéen, à Nice, pour parler de son dernier livre, La Légende. Devant un public serré, il a lancé une déclaration qui a glacé la salle : il refuse la grâce signée à Alger et réclame un procès équitable. ⚖️

Détenu de novembre 2024 à novembre 2025, condamné puis libéré, l’académicien âgé de 76 ans garde une blessure intacte. Il parle d’une honte, pas d’une victoire. Son dernier ouvrage, paru le 2 juin chez Grasset, sert de prétexte à ce rendez-vous niçois.

À Nice, Boualem S. réclame un procès équitable et refuse la grâce

Le ton est posé, la voix fatiguée. L’écrivain dit être malade, déçu, mais pas abattu. Il raconte qu’il avait prévenu Emmanuel Macron, le président allemand et Abdelmadjid Tebboune : « Votre grâce, gardez-la. » 🗣️

Sa demande tient en une phrase simple. Il veut un tribunal, son avocat à ses côtés et des observateurs internationaux dans la salle. Pas un acquittement offert, mais un acquittement obtenu après débat.

Pour lui, une grâce efface la procédure sans laver le fond. Elle laisse planer l’idée d’une culpabilité sans preuve discutée. Cette position bouscule la logique habituelle, où l’on se réjouit d’une sortie de prison.

Les chiffres derrière La Légende
  • 76 ans
    l'âge de l'écrivain
    académicien franco-algérien
  • 1 an
    de détention en Algérie
    novembre 2024 à novembre 2025
  • 150 000
    exemplaires tirés
    chez Grasset, paru le 2 juin
  • 55 000
    vendus en France
    65 000 à 70 000 avec la francophonie

Une blessure qui tient lieu de moteur

Dans son récit, la détention n’est pas un simple mauvais souvenir. L’isolement, les visites familiales refusées, l’attente des nouvelles : chaque détail revient. Il parle d’une épreuve morale plus lourde que les murs eux-mêmes. 🔒

Ce refus de la clémence n’est pas une posture. Il découle d’une idée ancienne chez lui : l’égalité devant la loi ne se négocie pas au bon vouloir d’un dirigeant. Un juge tranche, pas un décret.

Le parallèle avec d'autres dossiers politiques du pourtour méditerranéen saute aux yeux. Des écrivains, des journalistes, des militants attendent souvent des années un procès qui n’arrive jamais. La justice devient alors un horizon, pas une pratique.

Le silence du monde de la culture pointé du doigt par David Lisnard

Le maire de Nice, David Lisnard, fait partie des premiers élus à s’être mobilisés. Il a dénoncé le mutisme du secteur culturel pendant la détention, y compris sur la Croisette. 🎬

L’intéressé partage ce constat. Il connaît l’élu niçois de longue date et salue son action constante. Puis il élargit la critique à la diaspora algérienne en France, à quelques exceptions près.

Kamel Daoud et Kamel Belchek, deux noms cités

Deux voix seulement sont épargnées par sa remarque. Il cite Kamel Daoud et Kamel Belchek, présents quand d’autres se taisaient. Le reste, dit-il, a préféré la prudence. 😶

Cette prudence s’explique, selon lui, par la peur. Beaucoup gardent de la famille au pays et redoutent une arrestation dès le retour. Un raisonnement qui éclaire le poids du droit bafoué sur les silences privés.

Gallimard, Grasset et la polémique qui a suivi l’écrivain

Son départ de Gallimard pour Grasset, maison liée à Vincent Bolloré, a nourri des mois de commentaires. Il balaie l’affaire d’un revers : on quitte un éditeur comme on quitte une ville. 🏙️

Il rappelle son parcours réel. Après Gallimard, il a signé La démocratie parlons-en aux éditions du Cerf. Puis une vingtaine de propositions sont arrivées, et il a choisi Grasset après un rendez-vous chez Hachette.

« Otage du camp du Bien » : une formule assumée

Il dit être passé de détenu en Algérie à otage d’un camp en France. La formule dérange, il l’assume. Chaque bord cherche à récupérer un intellectuel connu, résume-t-il sans détour.

Lui se décrit comme romancier et philosophe, pas comme homme politique. La controverse, selon lui, vient de la guerre médiatique franco-algérienne plus que de ses pages. 📖

Cette séquence montre un mécanisme connu. Un nom devient un symbole, puis un objet de bataille. Le texte passe au second plan, les étiquettes prennent toute la place.

La Légende : tirage, ventes et réalité du marché du livre

Le livre a été tiré à 150 000 exemplaires. Environ 55 000 ont trouvé preneur en France. En ajoutant la Suisse, le Canada et les autres pays francophones, on atteint 65 000 à 70 000. 📚

L’auteur ne cache pas l’écart avec les prévisions. Il note que la cabale a pesé, mais aussi que le secteur recule partout. Les ventes, précise-t-il, continuent jusqu’à la fin de l’année.

📅 Repère ⚖️ Événement 📊 Détail
Novembre 2024 Début de la détention en Algérie Placement en isolement
2025 Condamnation par un tribunal algérien Défense entravée, avocat sans visa
Novembre 2025 Grâce présidentielle et retour en France Mesure refusée dans le principe
2 juin 2026 Parution de La Légende chez Grasset 150 000 exemplaires tirés
15 septembre 2026 Conférence au Centre universitaire méditerranéen 65 promenade des Anglais, à Nice

Un marché en repli de 23 % en France

Le contexte général éclaire les chiffres mieux qu’un long commentaire. L’édition recule de 23 % en France et de 25 % en Allemagne. Aucun titre, même très attendu, n’y échappe totalement. 📉

Reste la question de fond : un livre peut-il porter un combat judiciaire ? Ici, les deux se répondent. Le récit nourrit la cause, et la cause ramène des lecteurs vers le récit.

Juridictions internationales : un dossier prêt mais suspendu

L’écrivain veut poursuivre Abdelmadjid Tebboune et le régime algérien devant des juridictions internationales. Le dossier préparé par son avocat est bouclé. ⚖️

Pourtant, la démarche attend. L’Élysée et le Quai d’Orsay ont demandé de temporiser. En jeu : d’éventuelles représailles contre Christophe Gleizes, journaliste détenu depuis plus d’un an.

Il adresse un message de courage au reporter. L’isolement et l’absence de visites familiales, dit-il, restent la pire des épreuves derrière les barreaux. 🤝

Cette retenue volontaire dit beaucoup du rapport de force. Une plainte peut sauver un homme ou en fragiliser un autre. La déclaration niçoise sert aussi à rappeler ce calcul au public.

Ce que le dossier niçois laisse derrière lui

Trois ans après une première venue, l’écrivain retrouve donc la même tribune. Entre-temps, il a connu la prison, la condamnation, la clémence et la polémique. Le décor n’a pas changé, l’homme si.

Pour un reporter local, l’événement dépasse le simple rendez-vous littéraire. Il pose une question qui concerne tous les justiciables : que vaut un droit quand la grâce le remplace ?

  • ⚖️ Un procès équitable plutôt qu’une mesure de clémence signée en haut lieu
  • 🗣️ Des observateurs internationaux et un avocat présents dans la salle
  • 📚 La Légende, paru chez Grasset, tiré à 150 000 exemplaires
  • 🎤 Une conférence à Nice, au Centre universitaire méditerranéen, 65 promenade des Anglais
  • 🤝 Le soutien affiché de David Lisnard et de deux confrères algériens
  • 🕊️ Le dossier international prêt, mais gelé pour protéger Christophe Gleizes
  • 🛡️ Une revendication claire : l’égalité de tous devant la loi

La salle niçoise a donc retenu une phrase plus qu’une date. Un homme gracié qui demande un tribunal rappelle que la justice ne se donne pas, elle se rend. Et cette idée-là ne s’efface pas avec une signature.

Pourquoi refuser une grâce présidentielle

Ça veut dire quoi, refuser une grâce ?

Une grâce sort de prison sans juger le fond du dossier. Lui veut un tribunal qui tranche après débat, pas un papier signé qui laisse planer le doute sur sa culpabilité.

Faut-il s'inquiéter pour son état de santé ?

Il se dit malade, fatigué, déçu. Pas abattu pour autant, et il continue de parler en public, notamment à Nice devant un auditoire dense.

Pourquoi épargne-t-il seulement Kamel Daoud et Kamel Belchek ?

Ces deux-là ont pris la parole pendant sa détention, quand la majorité se taisait. Le reste de la diaspora, selon lui, a choisi la prudence par peur des représailles pour la famille restée au pays.

Ça vaut le coup de lire La Légende ?

Le tirage était de 150 000 exemplaires, 55 000 sont partis en France. L'auteur reconnaît l'écart avec les prévisions et pointe la polémique qui a pesé sur les ventes.

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