Xavier Driencourt connaît Alger pour y avoir été ambassadeur de France à deux reprises. En juin 2026, il publie « L’Algérie 1830-2026. Vérités et légendes » aux éditions Perrin. Le voilà désormais attendu à Dole, dans le Jura, pour une séance de dédicace.
L’ouvrage appartient à la collection « Vérités & Légendes ». Il se présente comme un livre bâti en 27 questions. Ni thèse universitaire, ni pamphlet : un mélange de synthèse, de témoignage et de combat.
L’œuvre de Xavier Driencourt débarque à Dole
Une dédicace dans une ville moyenne, ce n’est jamais un détail. Dole compte ses habitués, ses lecteurs fidèles, ses librairies de quartier. L’auteur y vient présenter un travail de longue haleine sur l’Algérie.
Sur place, l’ancien diplomate retrouve un public mélangé. des retraités nés avant 1962, des enfants d’immigrés, des étudiants en histoire. Chacun arrive avec sa question, parfois sa blessure.
- 1830
Début de la conquête française. Le récit colonial et ses zones d'ombre sont passés au crible.
- 1954-1962
La guerre d'indépendance. Le livre interroge le choix des mots : événements, guerre ou libération.
- 1962
L'indépendance de l'Algérie. Le départ, l'exil, la mémoire partagée entre les deux rives.
- 1962-2026
Les relations franco-algériennes : crises à répétition, visas, contrats.
- 2026
Parution de l'ouvrage et tournée de rencontres. Ce que la jeune génération retient de tout ça.
Une séance de dédicace au cœur du Jura
Camille, libraire à Dole, raconte l’ambiance de ces rendez-vous. « Les gens ne viennent pas seulement acheter un livre », explique-t-elle. « Ils viennent vérifier une chose qu’on leur a racontée autrement. »
Prenez Sofiane, 34 ans, installé dans le Jura depuis dix ans. Son grand-père a combattu pendant la guerre de libération. Le jeune homme cherche dans ces pages une version qu’il n’a jamais entendue en famille.
Ce face-à-face avec les lecteurs change la nature d’un livre. Une dédicace ne se joue pas dans les salons parisiens. Elle se joue dans une salle municipale, autour d’une table pliante.
1830-2026 : deux siècles racontés en 27 questions
Le titre annonce la couleur : deux cents ans d’une relation qui n'a jamais été simple. La conquête de 1830 ouvre une colonisation de plus d’un siècle. L’indépendance de 1962 referme ce chapitre sans effacer les traces.
Entre les deux, il y a la guerre, les déplacements de populations, les silences familiaux. Le livre ne prétend pas trancher chaque point. Il pose les questions dans l’ordre, sans détour.
Colonisation, libération, mémoire : les repères du livre
| 📅 Période | 🔎 Repère | 💬 Ce que l’ouvrage interroge |
|---|---|---|
| 1830 | Début de la conquête française | Le récit colonial et ses zones d’ombre |
| 1954-1962 | Guerre d’indépendance | Le choix des mots : événements, guerre, libération |
| 1962 | Indépendance de l’Algérie | Le départ, l’exil, la mémoire des deux rives |
| 1962-2026 | Relations franco-algériennes | Les crises à répétition, les visas, les contrats |
| 2026 | Parution de l’ouvrage | Ce que la jeunesse retient de cette histoire |
Le format en questions évite le discours vertical. Une question ouvre un débat, une affirmation le ferme. Le lecteur garde ainsi la main sur ce qu’il retient.
- 📚 Un livre écrit en 27 questions, pas en chapitres classiques
- 🕰️ Une chronologie qui part de 1830 et court jusqu’à aujourd’hui
- 🖋️ Un auteur passé par deux postes d’ambassadeur à Alger
- 🏛️ Une collection, « Vérités & Légendes », dédiée aux idées reçues
- 🎤 Une tournée de rencontres, dont une étape à Dole
Pourquoi Dole compte dans cette histoire
Rien ne destinait la capitale du Jura à figurer au programme d’un livre sur Alger. Et pourtant, la ville possède sa propre mémoire. Elle a vu passer des soldats, des appelés, des familles marquées par cette période.
Entre 1954 et 1962, des milliers de jeunes Français ont quitté leur région pour l’Algérie. Dole n’a pas échappé au mouvement. Des maisons du Jura gardent encore des lettres envoyées du bled.
Une ville de culture et de commémoration
La commémoration n’est pas un rituel vide. Dans une ville moyenne, elle passe par les bibliothèques, les cinémas, les rencontres. une dédicace fait partie de cette chaîne discrète.
La culture joue ici un rôle simple. Elle permet à deux récits de se croiser sans se cogner. Un lecteur de Dole peut écouter un auteur, puis rentrer chez lui avec de nouvelles questions.
Ces rendez-vous locaux pèsent parfois plus qu’un plateau de télévision. La proximité force la nuance, parce qu’en face, on connaît quelqu’un qui a vécu ce dont on parle.
Un auteur, deux rives, une même exigence
Xavier Driencourt n’écrit pas depuis une bibliothèque isolée. Son expérience de terrain nourrit chaque page. Il a vu les négociations, les tensions, les gestes de rapprochement.
Son livre assume une part de témoignage. Il revendique aussi une méthode : reprendre les faits, les dater, les confronter. Une manière de sortir des discussions à couteaux tirés.
Ce que les lecteurs viennent chercher
- 🔍 Des dates précises, vérifiables, mises bout à bout
- 🧭 Un point de vue assumé sur les relations entre Paris et Alger
- 👨👩👧 Des réponses pour les familles qui n’ont jamais tout su
- 📝 Des arguments clairs à opposer aux récits tout faits
Reste une question, celle qui revient dans chaque débat. Paris et Alger sont-ils condamnés à la crise permanente ? Le livre ne referme pas la porte. Il laisse la discussion ouverte aux lecteurs.
À Dole, la dédicace aura au moins servi à cela : ramener deux siècles d’histoire dans une salle de quartier, entre une table de livres et des questions sincères.
Ce que Dole va vraiment demander
Est-ce que ce livre prend parti pour un camp ?
L'auteur assume un mélange de synthèse, de témoignage et de combat. Il ne prétend pas trancher chaque point, mais il pose les questions dans l'ordre, sans détour.
Pourquoi une dédicace à Dole et pas à Paris ?
Le Jura a sa propre mémoire de la période. Des milliers de jeunes Français sont partis en Algérie entre 1954 et 1962, et des maisons de la région gardent encore des courriers envoyés là-bas.
Faut-il connaître l'histoire de l'Algérie pour suivre ?
Aucun prérequis. Le format en questions ouvre chaque sujet progressivement, ce qui laisse le lecteur décider de ce qu'il retient. Les étudiants en histoire y trouvent aussi leur compte.
Le format en 27 questions, ça change vraiment quelque chose ?
Beaucoup, oui. Une question lance un débat, une affirmation le referme. Ici, le lecteur garde la main au lieu d'avaler un discours vertical.
Une expérience personnelle transformative ?
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Journaliste d’investigation algérien, né le 4 avril 1984 à Alger. Ancien reporter pour Le Midi Libre, Le Temps d’Algérie et El Watan, il fonde Algérie Part en 2019 après avoir dirigé la rédaction du site Algérie-Focus. Installé en France depuis 2018, il continue de couvrir l’actualité algérienne avec un journalisme d’analyse enraciné dans le terrain, défendant une presse libre et exigeante face aux pouvoirs. Sa signature s’affirme dans les enquêtes de fond, l’analyse politique et la mise en lumière des sujets sensibles du Maghreb.