Algérie : Amnesty International exhorte le président Tebboune à abolir la peine de mort pour préserver les droits humains

amnesty international appelle le président tebboune à abolir la peine de mort en algérie afin de protéger et promouvoir les droits humains fondamentaux.

Amnesty International a demandé mardi 15 septembre 2026 aux autorités algériennes de renoncer à tout projet de reprise des exécutions capitales. L’organisation vise la demande du président Tebboune d’appliquer la peine de mort aux pyromanes et aux criminels qui s’en prennent aux enfants.

L’Algérie n’a pas exécuté de condamné depuis 1993. Le moratoire tient bon, mais il n’a jamais été écrit dans la loi. Amnesty réclame donc une réforme législative qui grave cette règle noir sur blanc, comme première étape vers l’abolition.

Algérie : Amnesty International presse Alger de renoncer à élargir la peine de mort

Le communiqué de l’ONG est tombé ce mardi. Il ne demande pas une simple pause. Il exige que les autorités écartent « immédiatement » tout élargissement du champ de la peine capitale.

Dans les textes algériens, la peine de mort existe toujours. Les tribunaux continuent de la prononcer, surtout dans les dossiers de terrorisme. Ce qui a changé depuis 1993, c’est la main du bourreau : elle reste immobile.

Amnesty International veut transformer cette habitude en engagement ferme. 🕊️ Un moratoire officiel, disent ses juristes, vaut mieux qu’une promesse tacite que le pouvoir peut casser du jour au lendemain.

Algérie : 33 ans sans exécution
SujetAujourd'huiCe que demande Amnesty
ExécutionsAucune depuis 1993Garder le moratoire, sans exception
Texte de loiPeine capitale toujours inscriteInscrire le moratoire noir sur blanc
Incendies volontairesExtension voulue par TebbouneRenoncer à tout élargissement
Crimes contre enfantsAjoutés au périmètre viséPunir dur, mais sans la mort
Engagements ONUAlger vote pour les résolutionsPasser du vote à l'application

Un moratoire de plus de trente ans jamais transformé en loi

Trente-trois ans sans exécution, c’est long. Cela n’a pourtant rien d’un acquis juridique. Aucun texte n’interdit formellement à l’État de reprendre un jour les exécutions.

Les juges d’Alger, d’Oran ou de Constantine continuent de condamner à mort dans les affaires graves. Ces peines s’empilent dans les cartons, sans être appliquées. Chaque nouveau dossier alourdit un peu plus ce stock invisible.

Pour les défenseurs du droit à la vie, cette situation reste fragile. Un simple décret, un simple article ajouté au Code pénal suffirait à faire basculer le pays.

Incendies, enfants enlevés : ce que demande le président Tebboune

Tout est parti des feux de forêt qui ont ravagé plusieurs wilayas pendant l’été. Des flammes meurtrières, des villages touchés, un pays sous le choc. Le chef de l’État a décrété un deuil national de trois jours.

Dans la foulée, le président Tebboune a chargé son ministre de la Justice de plancher sur une réforme. Objectif affiché : appliquer la peine capitale aux incendiaires volontaires.

Il a ajouté un second volet. Les ravisseurs et les agresseurs d’enfants entreraient eux aussi dans le périmètre visé. Deux catégories de crimes, une même réponse pénale. ⚖️

Un deuil national, une colère populaire et des promesses rapides

Sur les réseaux et dans les cafés, la demande de fermeté monte vite après chaque incendie. Les familles des victimes parlent de vies brisées et de silence trop long.

Le pouvoir algérien écoute cette colère. Il y répond par l’arme la plus lourde du Code pénal. Une manière de montrer qu’il entend, sans toucher aux causes profondes des feux.

Cette séquence rappelle 2021 et le lynchage d’un homme de 38 ans pris pour un pyromane. Plus de cinquante personnes avaient ensuite été condamnées à mort. Aucune n’a été exécutée.

Élément ⚖️ Situation en Algérie Ce que réclame Amnesty International
Exécutions 🔒 Aucune depuis 1993 Maintenir le moratoire sans exception
Texte de loi 📜 Peine capitale toujours inscrite Inscrire le moratoire dans la loi
Incendies criminels 🔥 Extension réclamée pour les pyromanes Renoncer à tout élargissement
Crimes contre les enfants 🧒 Ajoutés au périmètre visé Sanctions lourdes, mais sans mort
Engagements à l’ONU 🌍 Vote pour les résolutions sur le moratoire Passer du vote à l’application

« Réponse profondément régressive » : l’inquiétude des juristes algériens

Le mot employé par l’ONG est dur. Pour ses chercheurs, punir un crime par une mort programmée ne répare rien. Cela ajoute une violence d’État à une violence déjà commise.

Des avocats algériens partagent ce malaise, souvent en off. Ils redoutent qu’un élargissement ouvre la porte à d’autres extensions, année après année.

Le droit à la vie face aux engagements internationaux d’Alger

L’Algérie soutient depuis des années les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU sur le moratoire. Elle vote pour, session après session. Ce soutien crée une attente.

Reprendre les exécutions irait à l’encontre de cette position. Amnesty le rappelle noir sur blanc dans son communiqué. Le pays prendrait le contrepied de ses propres engagements.

La question des droits de l’homme ne se joue pas seulement à New York. Elle se joue aussi dans une cellule de condamné à mort, à Blida ou à Tizi Ouzou.

Abolition, moratoire, droits humains : les demandes sur la table

Nadège Lahmar, chercheuse au sein d’Amnesty et spécialiste de l’Algérie, suit ces dossiers depuis des années. Son analyse tient en une ligne : élargir la peine de mort, c’est reculer.

L’organisation ne se contente pas de dire non. Elle avance une feuille de route précise, que les autorités peuvent appliquer dès maintenant.

  • 🚫 Écarter tout projet d’élargissement de la peine capitale
  • 📝 Inscrire le moratoire de 1993 dans le Code pénal
  • 🌐 Respecter les résolutions de l’ONU signées par Alger
  • 🕊️ Ouvrir un débat public sur l’abolition définitive
  • 👨⚖️ Garantir un procès équitable à chaque accusé
  • 📊 Publier les chiffres des condamnations à mort

Derrière les textes, des avocats et des familles

Me Farid Benslimane plaide à Alger depuis vingt ans. Il a défendu des dizaines d’accusés passibles de la peine capitale. Aucun n’a été exécuté, mais tous ont vécu des années dans l’attente.

Ce qu’il décrit, c’est une peine qui tue lentement. Les familles vieillissent, les enfants grandissent, le dossier reste ouvert. Puis un jour, la question revient : le moratoire tiendra-t-il encore un an ?

Sa crainte est simple. Un climat d’émotion après des drames pousse à écrire des lois que personne ne pourra plus retirer. La justice d’un pays se juge aussi à ce qu’elle refuse de faire.

Pourquoi le débat algérien ne fait que commencer

Le projet d’amendement est encore à l’étude au gouvernement. Rien n’est publié, rien n’est voté. La fenêtre reste ouverte pour un recul.

Face à cela, Amnesty International joue sa partition habituelle : alerter, documenter, rappeler les engagements pris. Son objectif final n’est pas un moratoire de plus, mais l’abolition pure et simple.

La peine de mort divise, en Algérie comme ailleurs. Mais depuis 1993, un fil ténu tient le pays du bon côté de la barrière. Ce fil, préviennent les défenseurs du droit à la vie, vaut la peine d’être noué pour de bon.

Le moratoire tient bon, mais jusqu'à quand

Est-ce que l'Algérie exécute encore des condamnés ?

Aucune exécution depuis 1993. Le moratoire tient depuis trente-trois ans, mais il repose sur une simple habitude, pas sur un texte de loi.

Ça change quoi, une loi plutôt qu'une promesse ?

Beaucoup. Une pratique peut être cassée par un décret du jour au lendemain. Une loi oblige le pouvoir à revenir devant le Parlement, à visage découvert.

Pourquoi Amnesty s'inquiète pile maintenant ?

À cause des incendies de l'été et de la consigne donnée au ministre de la Justice. Tebboune veut étendre la peine capitale aux pyromanes volontaires et aux ravisseurs d'enfants.

Les tribunaux continuent-ils de condamner à mort ?

Ils le font toujours, notamment dans les affaires de terrorisme. Ces condamnations s'accumulent dans les cartons sans jamais être appliquées.

Ça vous a servi ? Faites-le nous savoir

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prouvez que vous êtes humain : 4   +   6   =