Vosges : Yvon Martin, un Vosgien engagé en Algérie, fait une découverte inattendue à Martimprey… au cœur du pays

Vosges : Yvon Martin, un Vosgien engagé en Algérie, fait une découverte inattendue à Martimprey… au cœur du pays

Yvon Martin, un Vosgien de 91 ans, a vécu une expérience hors du commun pendant son service militaire en Algérie. En pleine mission dans le massif des Hassasnas, cet habitant de Gérardmer tombe sur un village portant un nom très familier : Martimprey. Cette découverte fortuite l’a poussé à enquêter sur les origines de cette appellation, qui le ramène droit vers sa Lorraine natale.

Un Vosgien engagé sous les ordres du colonel Bigeard

Fin 1957, Yvon Martin quitte les Vosges pour rejoindre l’Algérie. Après ses classes en Allemagne et l’école d’officiers en France, il est affecté en Oranie, dans une région marquée par de violents combats.

Sous le commandement du général Bigeard, il intègre le 8e régiment d’infanterie motorisée. Son rôle est précis : chef de la 1re section de la 1re compagnie à Nazreg-Flinois.

Quand une panne révèle une histoire lorraine en Algérie
  1. Fin 1957

    Yvon Martin quitte les Vosges pour rejoindre l'Algérie, après ses classes en Allemagne.

  2. En Oranie

    Affecté au 8e régiment d'infanterie motorisée, il devient chef de la 1re section de la 1re compagnie.

  3. La panne

    Direction le massif des Hassasnas. Le camion s'immobilise à Martimprey, un nom inattendu pour le Vosgien.

  4. Les recherches

    Il remonte le fil : les Martimprey sont une famille anoblie par le duc de Lorraine en 1614 et 1618.

  5. Les descendants

    Yvon Martin les contacte et leur remet des cartes d'état-major de la région où il a servi.

  6. Le rassemblement

    Chaque 26 juillet, les descendants se retrouvent dans les Vosges, à la chapelle Martimprey, pour la Sainte-Anne.

Une panne qui change le cours d’une mission

Un jour, sa section est envoyée en renfort après un accrochage signalé dans le massif des Hassasnas. En chemin, une panne immobilise le camion dans un village au nom inattendu : Martimprey.

« Quelle surprise ! », raconte celui qui n’imaginait pas entendre un écho si proche de ses racines à des milliers de kilomètres. Le bivouac est installé près d’une petite maison isolée, à l’écart de la forêt. La région de l’Ouarsenis est alors le théâtre d’opérations redoutées.

L’ancien soldat se souvient de cette halte forcée avec une émotion intacte. Autour de lui, les militaires découvrent le village : son bar, sa poste, et ce nom qui interpelle immédiatement le Vosgien.

Martimprey, un nom qui traverse la Méditerranée

Yvon Martin téléphone à son épouse depuis le petit village algérien. Ce moment suspendu le pousse à creuser l’histoire de ce lieu. Ses recherches le ramènent vers les Vosges et la Lorraine.

Les comtes de Martimprey ont été anoblis par le duc de Lorraine en 1614 et 1618. Cette famille a donné à la France de nombreux officiers, généraux, parlementaires, écrivains et résistants.

Voici quelques figures marquantes de cette lignée :

  • 🕊️ Le comte de Guise, fusillé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale
  • 📜 Éric, comte de Martimprey, mort en camp de concentration
  • 🎖️ Le général de division Edmond-Charles de Martimprey, grand-croix de la Légion d’honneur
  • 🏛️ Plusieurs parlementaires et écrivains ayant marqué l’histoire de France

Des lieux témoins du passage de la famille

Le général Edmond-Charles de Martimprey a occupé des fonctions de gouverneur au Maghreb. Son nom est resté gravé dans plusieurs endroits. au Maroc, la ville d’Ahfir s’est d’abord appelée Martimprey-du-Kiss. En Algérie, Aïn El Hadid a également porté le nom de Martimprey.

Cette présence française et lorraine en Afrique du Nord explique la découverte d’Yvon Martin. Le village où son camion est tombé en panne portait la trace de cette histoire coloniale.

Lieu Ancien nom Pays actuel
Ahfir Martimprey-du-Kiss Maroc
Aïn El Hadid Martimprey Algérie
Martimprey (village rencontré par Yvon Martin) Martimprey Algérie

La rencontre avec les descendants de la famille

De retour en France, Yvon Martin ne s’arrête pas là. Il entre en contact avec des descendants des comtes de Martimprey, contraints de quitter l’Algérie pour rejoindre la métropole. Un échange chargé d’histoire locale et d’émotion s’installe entre eux.

Le Vosgien leur remet des cartes d’état-major de la région où il a servi. En remerciement, la famille lui offre une carte postale du village algérien. Un témoignage précieux qui relie deux rives de la Méditerranée.

Une chapelle vosgienne comme lieu de rassemblement

Chaque année, les descendants de la famille Martimprey se retrouvent dans les Vosges, à la chapelle de Martimprey. Le 26 juillet, ils assistent à la messe de la Sainte-Anne, célébrée par l’abbé Delagoutte.

Le choix de cette date n’est pas anodin. Une ancêtre de la famille portait le prénom d’Anne. Ce rendez-vous annuel perpétue la mémoire de cette lignée tout en ancrant leur histoire dans le pays vosgien.

Cette expérience de terrain, vécue par ce Vosgien mobilisé en Algérie, illustre la façon dont les hasards de l'histoire peuvent tisser des liens insoupçonnés entre les territoires. Yvon Martin, aujourd’hui âgé de 91 ans, garde dans sa mémoire ce moment où son camion est tombé en panne dans un village qui portait le nom de ses ancêtres lorrains.

Son récit rappelle que la guerre d’Algérie a laissé des traces multiples, parfois méconnues. Dans les Vosges, la chapelle de Martimprey reste un lieu vivant.

Chaque été, la petite cérémonie rassemble ceux qui n’oublient pas leur double attachement à la Lorraine et à l’Algérie. Une belle leçon de mémoire et de transmission, portée par un homme devenu le gardien involontaire d’une histoire partagée.

Un nom de Lorraine perdu en Algérie

Le village algérien s'appelle-t-il encore Martimprey ?

Difficile à dire aujourd'hui. À l'époque où Yvon Martin y passe, le nom est bien là, hérité des anciens colons. La ville de Aïn El Hadid a aussi porté ce nom.

Qui étaient exactement les comtes de Martimprey ?

Une famille lorraine anoblie par le duc de Lorraine en 1614 et 1618. Elle compte des généraux, des officiers, des écrivains et des résistants, dont Edmond-Charles de Martimprey.

Pourquoi la messe a-t-elle lieu le 26 juillet ?

Les descendants se réunissent ce jour-là pour la Sainte-Anne, célébrée par l'abbé Delagoutte. Une ancêtre de la famille s'appelait Anne.

Yvon Martin a-t-il gardé des liens avec les descendants ?

Il leur a donné des cartes d'état-major de la région où il servait. En retour, ils lui ont offert une carte postale du village algérien.

On vous a convaincu ? Ou pas du tout ?

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