Après quatre jours d’attente insoutenable, Ayoub, dix ans, est sorti vivant de la terre. Les secours algériens l’ont dégagé ce samedi 5 septembre, dans la wilaya d’El Bayadh. Son sauvetage reste un miracle gravé dans les mémoires.
L’enfant jouait près de son domicile quand le sol s’est effondré. Tombé dans un puits de 80 mètres de profondeur, il a été immédiatement enseveli sous une épaisse couche de terre. Le drame s’est produit mardi, à Ghassoul, un village isolé à plus de 550 km au sud d’Alger.
Un enfant de 10 ans enseveli sous la terre, toute l’Algérie retient son souffle
Dès l’annonce de la chute, la Protection civile a déclenché une vaste opération. Les premières équipes arrivées sur place ont compris la difficulté : le puits, large de seulement 40 centimètres, ne permet aucun accès direct. L’air y est rare, et la terre a formé un bouchon au-dessus de l’enfant.
Ayoub a passé de longues heures dans le noir, coincé entre les parois. Sa survie semblait improbable. Pourtant, les secouristes ont capté des signes de vie. Une bouffée d’espoir pour les parents, soutenus par des milliers d'Algériens.
- Mardi, l'accident
Ayoub tombe dans un puits de 80 mètres et se retrouve enseveli sous la terre.
- Mercredi, le forage
Les secouristes creusent une fosse parallèle au puits. Un premier contact vocal est établi.
- Jeudi, la consolidation
Bois et étais sont posés pour éviter l'éboulement. Une foreuse industrielle arrive d'Alger.
- Samedi, la sortie
À 20h45, Ayoub est dégagé à la main, perfusé puis remonté sur un brancard vers l'hôpital.
Le puits de Ghassoul, un piège mortel de 80 mètres
Ce forage, creusé de manière ancestrale selon les traditions locales, servait autrefois à irriguer les terres. Asséché depuis des années, il s’est transformé en piège. Le moindre geste des sauveteurs pouvait provoquer un éboulement supplémentaire.
Les ouvriers ont alors creusé une fosse parallèle à la verticale. Objectif : atteindre l’enfant sans toucher au puits, puis percer la terre délicatement à la main.
Un sauvetage d’enfance hors normes dans la wilaya d’El Bayadh
Les opérations ont mobilisé des dizaines d'agents de la Protection civile, mais aussi des volontaires venus des wilayas voisines. Un engin de forage est arrivé jeudi, accompagné d’une équipe de spéléologues. Chaque mètre gagné sur la roche rapprochait un peu plus l’enfant de la lumière.
Les moyens déployés pour dégager le garçon de dix ans
Sur place, les équipes ont travaillé jour et nuit sous une chaleur écrasante. Prises de risque, nuits blanches, solidarité : le village entier s’est transformé en base arrière.
- 🚒 quatre camions de la Protection civile
- ⛏️ deux pelleteuses pour creuser la tranchée
- 🛠️ une foreuse industrielle venue d’Alger
- 📡 un drone thermique pour détecter la chaleur du corps
- 💊 une ambulance médicalisée en attente permanente
- 👷 des dizaines de volontaires pour évacuer gravats et terre
Cet engagement collectif a permis de gagner du temps. Sans ces moyens, jamais les secours n’auraient pu atteindre le petit garçon.
| Étape | Date | Action menée | Résultat |
|---|---|---|---|
| Chute | 2 septembre | Ayoub tombe dans le puits | Enseveli sous la terre |
| Forage | 3 septembre | Début de la fosse parallèle | Premier contact vocal |
| Consolidation | 4 septembre | Bois et étais contre l’éboulement | Progression ralentie |
| Sauvetage | 5 septembre | Dégagement à la main | Enfant sorti vivant |
L’enfant miraculeusement sauvé, l’émotion submerge l’Algérie
A 20 h 45, les sauveteurs ont enfin atteint Ayoub. Il était coincé à 15 mètres du fond, sous une couche de terre encore chaude. Les médecins ont d’abord posé une perfusion, puis il a été hissé sur un brancard sous les acclamations.
L’enfant a été transporté d’urgence à l’hôpital d’El Bayadh. Son état est jugé stable. « Il est conscient et répond aux questions », a affirmé un porte-parole de la Protection civile sur place.
Une vague de joie sur les réseaux sociaux
Dès l’annonce du sauvetage, des centaines de vidéos ont inondé les réseaux sociaux. À Alger, Oran, Constantine, des Algériens ont allumé des feux de joie. Le mot-clic dédié à Ayoub a été vu des millions de fois en quelques heures.
Cette fin heureuse rappelle un autre drame, celui de la petite Rayan en 2021. Mais cette fois, la terre a rendu son enfant. Miracle.
Ayoub restera un symbole de l’acharnement des secours et de la prière d’un peuple entier. Sa survie, arrachée centimètre par centimètre, redonne confiance dans la solidarité algérienne.
Les médecins évoquent une surveillance de quelques jours, notamment pour les poumons. Mais l’enfant respire, et c’est déjà un cadeau immense.
Les questions après le miracle d'Ayoub
Comment Ayoub a-t-il survécu quatre jours avec si peu d'air ?
Les secours ont capté des signes de vie dès le début. Coincé à 15 mètres du fond, Ayoub disposait d'un peu d'air malgré le bouchon de terre. Les médecins disent qu'il est conscient et répond aux questions.
Pourquoi les secours n'ont pas remonté l'enfant directement par le puits ?
Le puits ne fait que 40 centimètres de large, trop étroit pour un adulte équipé. Surtout, le moindre déblaiement pouvait provoquer un éboulement. Ils ont donc creusé une fosse parallèle avant de percer la terre à la main.
Qu'est-ce qui a rendu le sauvetage si long ?
La terre formait un bouchon au-dessus de l'enfant et chaque geste risquait de l'écraser. Il a fallu consolider la tranchée avec du bois et des étais pour éviter un nouvel éboulement. Le forage avançait à petits pas, à la main sur la fin.
Faut-il s'inquiéter pour la santé d'Ayoub après ce qu'il a vécu ?
Les médecins parlent d'un état stable et d'une surveillance de quelques jours, notamment pour les poumons. L'enfant respire et répond aux questions, ce qui est très rassurant après quatre jours sous terre.
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Journaliste d’investigation algérien, né le 4 avril 1984 à Alger. Ancien reporter pour Le Midi Libre, Le Temps d’Algérie et El Watan, il fonde Algérie Part en 2019 après avoir dirigé la rédaction du site Algérie-Focus. Installé en France depuis 2018, il continue de couvrir l’actualité algérienne avec un journalisme d’analyse enraciné dans le terrain, défendant une presse libre et exigeante face aux pouvoirs. Sa signature s’affirme dans les enquêtes de fond, l’analyse politique et la mise en lumière des sujets sensibles du Maghreb.