Brahim Hemdani a pris la parole pour la première fois comme sélectionneur de l’Algérie. Il savait que le dossier des binationaux allait revenir sur la table. Il n’a pas esquivé.
Son message est simple : convaincre, oui. Brusquer des adolescents de 16 ans, non. Une sortie qui dépasse le cadre du terrain et touche à des questions de citoyenneté et d’identité.
Algérie : Hemdani pose la question de la maturité politique des binationaux
Le sélectionneur a expliqué que son staff planche depuis des mois sur plusieurs dossiers. Des échanges ont eu lieu. Des contacts ont été noués. Mais tout ne se règle pas en une réunion.
Il l’a dit sans détour : à cet âge, un joueur n’est « pas forcément mature pour décider ». La phrase a circulé vite sur les réseaux. Elle renvoie à une réalité que peu de fédérations acceptent de dire à voix haute.
choisir une nationalité sportive n’est pas un simple formulaire à signer. C’est un engagement qui engage une famille, une culture, une histoire. Pour un gamin de 16 ans, le poids peut être lourd.
Le cas Mezian Mesloub, 16 ans, trois drapeaux sur la table
Le nom qui revient le plus souvent dans les discussions, c’est Mezian Mesloub. Il a 16 ans. Fils de l’ancien international Walid Mesloub, il peut jouer pour l’Algérie, la France ou le Portugal.
Aujourd’hui, il porte le maillot des équipes de jeunes portugaises. Un deuxième rapprochement avec son entourage aurait eu lieu récemment. Sans accord au bout.
Le jeune homme veut finir son parcours chez les jeunes au Portugal avant de trancher pour les seniors. Une position logique. Elle montre aussi que la maturité politique ne se décrète pas par décret fédéral.
Binationaux : un chantier de fond pour la FAF et les Verts
La FAF a renforcé son travail de proximité avec les familles. Les envoyés se déplacent. Les appels se multiplient. Le but n’est pas de forcer, mais de montrer un projet clair.
Hemdani n’a cité aucun nom précis. Il a parlé d’un « processus compliqué ». Comprendre : la concurrence est rude. Le Portugal, la France et d’autres sélections bougent vite sur les mêmes profils.
Les dossiers chauds suivis par le staff algérien
- 🎯 Mezian Mesloub (16 ans) — Algérie, France ou Portugal, dossier encore ouvert
- 🧭 Jeunes issus des centres européens — approche progressive, sans pression publique
- 📞 Contacts familiaux — rôle clé des parents dans la décision finale
- 🤝 Anciens internationaux — sollicités comme relais pour rassurer les familles
- ⏳ Patience — certains dossiers ne se joueront pas avant deux ou trois ans
Dans le cas Mesloub, le nom de Riyad Mahrez a circulé. L’ancien capitaine connaît Walid Mesloub depuis leur passage au Havre. Une intervention de sa part n’a jamais été confirmée.
Walid Mesloub a porté sept fois le maillot des Fennecs. Ce détail compte. Il rappelle que l’attachement à l’Algérie n’est pas qu’une affaire de papiers.
Identité, responsabilité et choix de vie : le vrai débat
Derrière le foot, il y a une question de fond. Que demande-t-on à un adolescent quand on lui réclame un choix international définitif ?
Hemdani a choisi la prudence. Son argument tient en une idée : un joueur qui signe sous contrainte peut le regretter plus tard. Un joueur convaincu, lui, revient plus solide.
Cette approche touche aussi à la politique sportive du pays. L’Algérie veut rester attractive. Elle veut aussi éviter l’image d’une fédération qui arrache des signatures à la hâte.
Ce que pèse une décision prise trop tôt
| Profil | Âge typique | Risque d’un choix rapide | Approche conseillée |
|---|---|---|---|
| 🌱 Jeune espoir binational | 15 à 17 ans | Regret, perte de confiance | Dialogue long avec la famille |
| ⚽ Joueur confirmé en U19 | 18 à 20 ans | Blocage de carrière si non sélectionné | Présenter un projet sportif clair |
| 🏆 Espoir déjà sollicité ailleurs | 17 à 21 ans | Concurrence entre fédérations | Suivi régulier et contact humain |
Convaincre sans brusquer : la ligne défendue par Hemdani
Le sélectionneur l’a répété : l’Algérie continuera de travailler ces dossiers. Mais certains demanderont du temps. Beaucoup de temps.
La FAF sait que l’horloge tourne. D’autres grandes nations accélèrent sur les mêmes talents. Pourtant, vouloir une réponse immédiate d’un joueur de 16 ans peut se retourner contre celui qui insiste.
Entre l’identité, la responsabilité et le rêve d’une carrière, la ligne reste mince. Hemdani a posé une balise. Reste à voir si elle tiendra face aux pressions du calendrier.
Une chose est sûre : en Algérie, la bataille des binationaux ne se gagnera pas seulement sur le terrain. Elle se jouera d’abord dans les salons familiaux et dans la tête de gamins de seize ans.

Journaliste d’investigation algérien, né le 4 avril 1984 à Alger. Ancien reporter pour Le Midi Libre, Le Temps d’Algérie et El Watan, il fonde Algérie Part en 2019 après avoir dirigé la rédaction du site Algérie-Focus. Installé en France depuis 2018, il continue de couvrir l’actualité algérienne avec un journalisme d’analyse enraciné dans le terrain, défendant une presse libre et exigeante face aux pouvoirs. Sa signature s’affirme dans les enquêtes de fond, l’analyse politique et la mise en lumière des sujets sensibles du Maghreb.