Algérie-Niger : Le gazoduc transsaharien, pièce maîtresse des négociations à Niamey

découvrez les enjeux du gazoduc transsaharien entre l'algérie et le niger, au cœur des négociations stratégiques à niamey pour renforcer la coopération énergétique régionale.

Algérie-Niger : le gazoduc transsaharien revient au premier plan à Niamey

Le dossier du gazoduc transsaharien a retrouvé sa place en haut de la pile à Niamey. Les 21 et 22 septembre, le ministre d’État algérien des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a fait le déplacement avec le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, et plusieurs responsables de ses filiales.

Objectif affiché : faire avancer le projet et caler la prochaine étape côté nigérien. Sur la table, un tuyau de 4 128 km qui doit relier Warri, au Nigeria, à Hassi R’Mel, en Algérie. Le tracé traverse le Niger sur 841 km.

Un chantier de 4 128 km, dont 841 km en terre nigérienne

L’idée ne date pas d’hier. Un gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie a germé dans les années 1980. Il a fallu attendre le 3 juillet 2009 pour que les trois capitales signent l’accord de mise en œuvre.

Depuis, le dossier avance par étapes, avec des pauses longues et des relances soudaines. En février 2025, Alger, Niamey et Abuja ont signé trois accords portant sur les volets techniques, le financement et les mécanismes de compensation. Cette base a sorti le projet des simples discussions d’intention.

Mohamed Arkab à Niamey : ce que la visite a clarifié

À Niamey, le ministre algérien s’est entretenu avec son homologue nigérien Hamadou Tini. Les deux hommes ont passé en revue plusieurs dossiers du secteur de l’énergie. Le gazoduc figurait au premier rang des sujets examinés.

Le communiqué du ministère nigérien du pétrole parle d’un projet à « importance stratégique ». Il cite aussi son rôle dans l’intégration énergétique africaine et le développement économique de la région. Même tonalité côté algérien.

Levés topographiques et études : le Niger appelé à enclencher

Concrètement, Alger demande une chose : que les préparatifs démarrent vite au Niger. Il s’agit des levés topographiques du tracé, puis des études environnementales et géotechniques. Sans ces étapes, aucun chantier ne peut s’ouvrir sur la section nigérienne.

Le calendrier algérien, lui, a déjà bougé. En juin, Sonatrach a annoncé le lancement des travaux sur la partie algérienne du tracé. Deux mois plus tard, en août, un puits d’exploration a été ouvert sur le bloc pétrolier de Kafra.

Reste la question qui fâche. Quand les pelleteuses arriveront-elles entre Agadez et la frontière algérienne ? Les négociations de Niamey confirment la volonté politique, mais ne fixent aucune date pour le tronçon nigérien. C’est là que se mesurera l’accélération promise.

Ce qui bloque encore le calendrier du tronçon nigérien

Une infrastructure de cette taille ne se pose pas comme une clôture. Chaque kilomètre réclame des relevés, des autorisations, des carottages et des accords fonciers. Sur 841 km, la tâche suppose des moyens humains et financiers que Niamey doit mobiliser.

Le Niger sort d’une période politique mouvementée et ses finances publiques restent serrées. Le financement du tronçon figure justement parmi les points sensibles des accords de 2025. Un ingénieur de Sonatrach résume la situation sans détour : « la volonté est là, le calendrier dépend des moyens ».

  • 📍 Levés topographiques : à engager sur les 841 km du tracé nigérien.
  • 🌱 Études environnementales : obligatoires avant tout terrassement.
  • 🧱 Études géotechniques : pour tester la nature des sols traversés.
  • 💰 Financement : mécanismes de compensation déjà encadrés par les accords de 2025.
  • 🤝 Foncier : discussions avec les communautés installées le long du tracé.
  • 🛠️ Main-d’œuvre : formation de cadres nigériens pour le suivi du chantier.

Kafra, Bilma, Zinder : la coopération ne s’arrête pas au tuyau

Les échanges de Niamey ne portent pas seulement sur le transport du gaz. Mohamed Arkab et Hamadou Tini ont aussi parlé exploration et raffinage. Le bloc de Kafra, où Sonatrach mène des recherches, a été longuement évoqué.

Les deux parties ont également examiné l’évaluation de nouveaux blocs, dont celui de Bilma. Sonatrach et la Sonidep souhaitent étendre leur partenariat à toute la chaîne, de l’exploration à la commercialisation. L’idée : valoriser les ressources nigériennes et muscler les compétences locales.

La raffinerie de Zinder occupe une place à part. Le suivi des grands travaux de maintenance a été abordé durant la visite. L’expérience de Sonatrach y est mise à contribution, au service de la filière pétrolière du pays.

🗂️ Dossier 🔎 Contenu 🚦 État d’avancement
Gazoduc transsaharien 4 128 km de Warri à Hassi R’Mel, dont 841 km au Niger Travaux lancés en Algérie ; préparatifs à enclencher au Niger
Bloc de Kafra Recherche et exploration menées par Sonatrach Puits d’exploration lancé en août
Bloc de Bilma Évaluation de nouvelles zones pétrolières À l’étude
Raffinerie de Zinder Maintenance des grandes unités de raffinage Suivi en cours
Formation et expertise Cadres, laboratoire pétrolier, gestion des données Pistes de coopération ouvertes

Tiani et Tebboune : un nouvel élan pour la coopération régionale

Au lendemain des discussions techniques, Mohamed Arkab a été reçu au palais présidentiel par Abdourahamane Tiani. Il portait un message du président Abdelmadjid Tebboune. Le ministre a réaffirmé la disponibilité d’Alger à renforcer les échanges dans les hydrocarbures.

Sur sa page Facebook, le chef de l’État nigérien a évoqué « un nouvel élan » donné à la relation bilatérale. Il a cité l’histoire, la géographie et la fraternité qui lient les deux peuples. Il a aussi parlé de souveraineté et de valorisation des ressources au profit des deux pays.

Du rapprochement politique aux étapes concrètes

Cette visite prolonge un mouvement entamé plus tôt. En février 2026, Abdourahamane Tiani s’était rendu en Algérie. Le rapprochement entre Alger et Niamey s’est depuis traduit par des gestes politiques, puis par des actes visibles sur le terrain.

Dans le même temps, le dossier dépasse le cadre bilatéral. L’approvisionnement en gaz de l’Europe reste un enjeu de fond, et un tuyau traversant le Sahel attire l’attention des bailleurs. La sécurité du tracé, sur plus de 4 000 km, devient un sujet en soi.

Sur place, les choses restent simples à décrire. Une équipe de géomètres, un théodolite, des piquets et une carte dépliée sur le capot d’un pick-up. Tant que ces hommes ne sont pas à l’œuvre entre les blocs pétroliers et la frontière, le projet restera dans les salons officiels. 🌍 La balle est désormais dans le camp nigérien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prouvez que vous êtes humain : 7   +   7   =