Le royaume entre dans une échéance électorale marquée par la colère sociale, la défiance envers les partis et l’engagement incertain des jeunes. La campagne se déroule sur fond de crises récentes : migration à Ceuta, gestion du séisme et chômage élevé chez les 15-24 ans. Ces éléments pèsent sur le vote du 23 septembre.
Crise sociale et enjeux économiques pour les législatives au Maroc
Les revendications sociales dominent la campagne. Le coût de la vie, le logement et l’accès aux soins restent au premier plan.
La gestion de crises passées alimente la colère. Trois ans après le séisme d’Al-Haouz, plus de 3 000 familles attendent toujours une aide publique effective.
La question migratoire et l’onde de choc de Ceuta
En juillet, plus de 70 000 personnes ont tenté de franchir la frontière vers Ceuta. L’événement a rythmé la campagne sans véritable débat public sur les causes profondes.
Les partis répètent des positions symboliques sur Ceuta et Melilla, mais sans chiffrer d’actions concrètes. Le constat alimente la méfiance des électeurs.
Insight clé : la migration a pris la une, sans transformer la nature des propositions politiques.
La jeunesse face aux urnes : abstention et attentes
La participation des jeunes reste la grande inconnue du scrutin du 23 septembre. Beaucoup se sentent exclus des bénéfices de la croissance.
La tranche 18-24 ans représente 12 % de la population, mais seulement 3 % des inscrits sur les listes électorales. Le désintérêt est marqué.
Un taux de chômage qui pèse sur la mobilisation
Le Maroc a connu une croissance proche de 5 % en 2025. Pourtant, le taux de chômage des 15-24 ans frôle les 30 % au deuxième trimestre 2026.
Problème : la croissance n’atteint pas tous les groupes. Solution proposée par certains partis : mesures d'emploi ciblées, sans plan d’urgence visible. Exemple : Sara, 24 ans, diplômée, cherche un poste stable depuis deux ans. Elle vote si les offres sont tangibles et rapides.
Insight clé : sans réponses concrètes et rapides, la jeunesse restera distante des urnes.
Les partis, leurs discours et la défiance des électeurs
Les principaux partis cherchent à reconquérir la confiance. Les programmes se ressemblent souvent sur l’éducation, l’emploi et le développement rural.
Le Parti de la justice et du développement (PJD) tente un retour via le vote sanction. Les grands partis traditionnels restent le RNI, le PAM et l’Istiqlal.
| Parti | Axes de campagne | Forces / Faiblesses |
|---|---|---|
| RNI 🇲🇦 | Emploi, croissance locale 🧩 | Réseau fort ✅ / Manque d’idées nouvelles ❗ |
| PAM 🗳️ | Développement territorial 🌾 | Expérience administrative ✅ / Image contestée ⚠️ |
| Istiqlal 🏛️ | Protection sociale, ruralité 🚜 | Base électorale solide ✅ / Discours confus ⚠️ |
| PJD ✨ | Campagne de rupture sociale 🔄 | Capacité de mobilisation ✅ / Résultats imprévisibles ❓ |
Problème : les offres restent générales. Solution demandée par les experts : chiffrer et détailler les mécanismes. Exemple : dans une commune rurale, une promesse d’emplois sans calendrier reste lettre morte.
Insight clé : la défiance tient autant aux paroles qu’au manque de suivi entre deux mandats.
Facteurs qui pèseront le 23 septembre
- 📉 Coût de la vie : impact direct sur le quotidien des familles.
- 🏚️ Logement : urgence pour les jeunes et les ménages modestes.
- 💼 Emploi : taux élevé chez les 15-24 ans, moteur de l’abstention.
- 🩺 Santé publique : file d’attente et accès aux soins en débat.
- 🤝 Confiance politique : clé pour la participation électorale.
Insight clé : ces facteurs décideront du niveau d’abstention et du poids des votes sanction.
Renouvellement des pratiques et mesures électorales
Le règlement a évolué pour encourager la parité et l’entrée des jeunes sur les listes. Des circonscriptions régionales sont réservées aux femmes.
Des incitations financières visent à attirer des profils plus jeunes. Reste la question de la mise en œuvre réelle et du suivi.
Exemple concret : une liste locale intègre deux membres de la Gen Z. Leur rôle est suivi de près par les habitants. Cela montre qu’un changement de pratiques est possible.
Insight clé : la modernisation des règles peut bouger les lignes, si elle s’accompagne d’un vrai travail de terrain.

Journaliste d’investigation algérien, né le 4 avril 1984 à Alger. Ancien reporter pour Le Midi Libre, Le Temps d’Algérie et El Watan, il fonde Algérie Part en 2019 après avoir dirigé la rédaction du site Algérie-Focus. Installé en France depuis 2018, il continue de couvrir l’actualité algérienne avec un journalisme d’analyse enraciné dans le terrain, défendant une presse libre et exigeante face aux pouvoirs. Sa signature s’affirme dans les enquêtes de fond, l’analyse politique et la mise en lumière des sujets sensibles du Maghreb.