Le Parti authenticité et modernité (PAM) est arrivé en tête des législatives marocaines avec 97 sièges provisoires. Loin des 198 sièges nécessaires à la majorité absolue, il doit négocier pour former une coalition.
Législatives au Maroc : le PAM doit chercher des alliés
Le résultat place le PAM au premier rang, mais ne lui donne pas les moyens de gouverner seul. La formation d’une majorité dépendra donc des discussions avec les autres partis.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) a obtenu 66 sièges, tandis que l’Istiqlal en compte 65. Avec ces deux partenaires de la majorité sortante, le PAM atteindrait 228 sièges.
| Parti ou repère | Sièges | Enjeu |
|---|---|---|
| 🟦 PAM | 97 | Arrivé en tête, il doit bâtir une coalition. |
| 🟩 RNI | 66 | Partenaire possible, malgré un vote sanction. |
| 🟨 Istiqlal | 65 | Son soutien pourrait compléter la majorité. |
| 🏛️ Majorité absolue | 198 | Seuil nécessaire à la Chambre des représentants. |
Le scénario d’une reconduction de l’alliance sortante reste donc possible. Mais le revers électoral du RNI pourrait peser dans les tractations à venir.
Le PAM n’exclut pas de négocier avec le PJD
Le PAM affirme ne pas fixer de ligne rouge pour les discussions. Il pourrait ainsi échanger avec le Parti de la justice et du développement (PJD), malgré de fortes divergences sur les questions de société.
Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du PAM, a rappelé les désaccords entre les deux formations. Le parti met toutefois en avant l’expérience du PJD, qui a dirigé le gouvernement durant deux mandats consécutifs.
Le PJD annonce son choix de l’opposition
Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, a rejeté l’idée d’une alliance avec le PAM. Il présente son parti comme opposé à cette formation et entend poursuivre le combat politique.
Cette position ferme réduit les chances d’un accord entre les deux partis. Elle n’empêche pas le PAM de maintenir cette option dans ses consultations, mais rend la négociation plus difficile.
Les prochains échanges devront donc clarifier les alliances possibles et les conditions posées par chaque formation. Pour le PAM, le défi est de transformer sa première place en majorité parlementaire.
Coalition au Maroc : les principaux scénarios après le scrutin
Les négociations s’ouvrent avec plusieurs pistes, mais une arithmétique parlementaire déjà claire. Le total des sièges du PAM, du RNI et de l’Istiqlal dépasse le seuil majoritaire.
- 🔹 Reconduire la majorité sortante : le PAM, le RNI et l’Istiqlal réuniraient ensemble 228 sièges.
- 🔹 Discuter avec le PJD : le PAM laisse cette porte ouverte, malgré des divergences politiques et sociétales.
- 🔹 Faire face au refus du PJD : Abdelilah Benkirane a annoncé que son parti se placerait dans l’opposition.
La participation, signalée au plus bas depuis près de vingt ans, ajoute un enjeu politique aux négociations. Les partis devront aussi répondre aux attentes exprimées par les électeurs.
Ce qui bloque vraiment les négociations
Est-ce que le PAM peut gouverner tout seul ?
Pas avec 97 sièges. La majorité absolue à la Chambre des représentants est fixée à 198. Il lui manque donc une centaine de voix.
Avec qui le PAM va-t-il s'allier ?
Le RNI et l'Istiqlal arrivent en tête des pistes. Ensemble, les trois partis totalisent 228 sièges, soit la majorité sortante reconduite.
Pourquoi le PJD refuse les discussions ?
Abdelilah Benkirane a présenté son parti comme opposé au PAM et veut poursuivre le combat politique autrement. Les divergences sur les questions de société compliquent encore un accord.
Une faible participation, ça change quoi ?
Elle affaiblit la portée du résultat et donne plus de poids aux critiques. Les partis devront aussi répondre aux attentes des électeurs qui se sont abstenus.
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Journaliste d’investigation algérien, né le 4 avril 1984 à Alger. Ancien reporter pour Le Midi Libre, Le Temps d’Algérie et El Watan, il fonde Algérie Part en 2019 après avoir dirigé la rédaction du site Algérie-Focus. Installé en France depuis 2018, il continue de couvrir l’actualité algérienne avec un journalisme d’analyse enraciné dans le terrain, défendant une presse libre et exigeante face aux pouvoirs. Sa signature s’affirme dans les enquêtes de fond, l’analyse politique et la mise en lumière des sujets sensibles du Maghreb.